Initiale

Une femme, une terre, un souffle...

31 décembre 2005

Naissances

Silence.
Pénombre.
Deux flammes de bougies. Et un bâton d'encens.
J'aime à penser que les autres, ce soir, se sont réunis entre eux et font la fête ensemble. Cela m'offre un large halo de paisible solitude.
Je me laisse tranquillement envahir par le silence.
Tout mon corps revêtu, habité de la blancheur du silence.
Le temps passe.
Le temps ralentit. Et presque s'arrête.
Je t'attends en silence.
Je sens ta présence. Tout près, à fleur de peau.
Je t'ai attendu.
Je t'ai attendu au bout de toutes les nuits de mon enfance.
Je t'ai su bien avant l'enfance.
Et tu es là, maintenant.
Silence.
Pureté.
Pureté de nos âmes qui s'appellent dans le silence.
Et je t'imagine, là, face à moi.
Toi, que j'appelle.
Il n'y a plus de temps.
Il n'y a plus que nous deux et le silence.
Il n'y a plus d'espace.
Que cette terre où nous nous trouvons.
Que ces étoiles qui constellent notre ciel.
Il n'y a plus que nous et la blancheur du silence.
Et l'éternité de nos âmes qui s'appellent et se rejoignent.
Là, tous les deux dans la transparence des commencements.
Et je vacille quand je t'imagine.
Toi, l'homme que j'espère et que j'appelle.
Parce qu'il faut bien que tu sois de chair.
Que nos peaux se touchent.
Que nos mains nous rendent à notre vérité première.
Que nos souffles se mêlent et réinventent la vie.
Que nos corps réinventent le temps.
Alors, peu importent les errances, peu importent les égarements.
Peu importent les blessures et la douleur.
Tout s'efface dans le silence de nos corps qui s'espèrent et se frôlent.
Tout s'efface dans le chant de nos corps qui se joignent.

Éblouissement de l'inouï.
Naissances.

Alix

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30 décembre 2005

Toutes les espérances

C'est maintenant le temps du repos.
Assise sur le seuil, les yeux fermés.
Le temps était à la neige ces jours-ci. En moi, est un doux soleil qui me réchauffe.
C'est le temps de l'apaisement.
Je franchirai le seuil debout au grand soleil.
Mais aujourd'hui, c'est le temps de l'immobile et du voyage au dedans.
Tant de chemin, tant d'errances et d'égarements. Tant de violence et de blessures.
Tant d'amertume à enfin dissoudre.
Tant de germes aussi. Tant d'espèrance.
Et ce joyau à l'état pur, à l'Initiale.
Être au temps du repos, sur le seuil.
Remonter jusque dans la nuit des temps, et glaner chaque germe, recueillir chaque trésor. Pour nourrir toutes les espèrances.
Remonter dans la nuit des temps, jusqu'à l'Initiale.
Être au seuil, si paisible, au coeur de l'Initiale. Et la propulser loin devant, au bout de toutes les espèrances.

Alix

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29 décembre 2005

Repos

Il est là.
Je parle, des sanglots dans la voix. Je raconte.
Il pose simplement sa main sur la mienne et m'écoute.
Blottie dans ses bras, les larmes coulent.
L'amertume s'évapore et se dissipe dans la douceur.
Présence simple et chaude de l'amitié.

Aujourd'hui est temps de repos.

Alix

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26 décembre 2005

Est-ce toi ?

Dans le tumulte de mes égarements, je t'ai rêvé et espéré.
Aux creux de toutes mes aspérités, je t'ai attendu.
Dans la folie de mes égarements, je t'ai cherché.

Je suis au seuil dans la nudité du silence.
Je suis au seuil dans les tumultes du chaos.
Je suis au seuil au lieu du déchirement.

Est-ce toi que j'ai vu cette nuit ?
Est-ce toi que j'ai vu jusqu'à presque te toucher ?
Est-ce toi dont j'ai senti le souffle chaud ?
Est-ce toi qui, l'espace d'un court instant, a offert ta chair aux replis de ma mémoire ?
Est-ce bien toi ou rien qu'une ombre fugitive ?

Alix

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24 décembre 2005

En l'instant de tous les possibles....

Seule, infiniment seule.
De la plus belle des solitudes.

En l'instant de tous les possibles...

Alix

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22 décembre 2005

Je suis

Je suis sur le seuil.
Le temps est suspendu.
J'ai l'éternité devant moi.

Je viens de le rencontrer.
C'est un monsieur important.
Alors, forcément c'est un monsieur riche.
Il possède un bel et solide édifice. Social. Familial.
Un bel édifice sans fissure. Ou presque. Presque.
Un bel édifice à protèger. A colmater par où ça pourrait fuir. Perdre. Couler.
Le coeur est froid, glacé. De solitude.
Le corps est figé.
Le corps a crié. Une fois. Une seule fois.
Il a été disséqué.
Le corps doit se taire maintenant. Se taire. Surtout se taire.
Et le coeur aussi.
Pour protéger l'édifice.
Pas de souffrance. Juste un édifice à protéger.

Moi, je passe mon chemin.
Je ne peux que passer mon chemin.

Moi, je suis la femme sauvage et nue.
Moi, je suis la femme aux plaies sanglantes et aux mille douleurs.
Moi, je suis la femme sanglante et nue qui se tient sur le seuil.
Et si fragile et si forte.
En mon âme est un joyau.
Il n'est pas à dilapider.

Moi je suis la femme sauvage qui franchira le seuil en cicatrices.

Alix

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20 décembre 2005

Et si ?

Et s'il n'y avait rien à espèrer ?
Et s'il n'y avait personne à appeler ?
Et si le ciel était vide et l'horizon englouti ?
Et si le cri ne servait qu'à offrir la vulnérabilité à la blessure ?
Et si les démons sanglants s'engouffraient dans le déchirement du cri ?

Alix

Posté par Alixb à 13:19 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

silence silence silence
silence silence silence
silence silence
silence
sil
en
ce
silence
silence silence
silence silence silence
silence silence silence

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19 décembre 2005

  frayeur

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! aime-moi ! aime-moi !

! tourne ton regard vers moi !

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! aime-moi !

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c'est une supplication

frayeur

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18 décembre 2005

Un cri

Un cri.
Il n'y a pas de mots qui puissent se dire ici.
Terre perdue.
Terre engloutie.
A-t-elle jamais existé cette terre ?
Au lieu du chaos, aucun mot ne peut se dire.
Vacarme assourdissant de silence.
Terre incendiée. Terre brûlée et dévastée.
Le cri.

D'où viennent mes mots ? D'où vient ma parole ?
D'où viennent mes mots ?

Alix

Posté par Alixb à 22:44 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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